dimanche 13 mai 2018

Bubble Gum





Auteure : Lolita Pille
Genre : Contemporain
1 er parution : 2004
Nombres de pages : 281 (édition: Le Livre de poche)










Je résume :


Une histoire, deux points de vus : Manon, jeune fille de la campagne qui vit avec son père, dans son bar. Elle ne supporte plus le « terminus », là où elle a toujours vécue. Le jour de sa majorité, elle s’enfuit sans prévenir : Direction Paris, elle ne rêve plus que d’assouvir son rêve de gloire et ainsi devenir actrice.
Notre deuxième POV : Derek, jeune homme de vingt-neuf ans, solitaire mais surtout millionnaire de par la fortune de son père. Drogue, alcool et dépression fait tourner son quotidien : Il s’ennuie !
Vous l’avez compris, les deux destins vont se mêler mais, que va-t-il en sortir ?



« Du cinéma… Pourquoi ? Pour être riche, célèbre, pour qu’on t’aime ?
Non.
Pourquoi ?

Pour changer de vie. À chaque rôle. Changer de peau. Changer de passé. Changer de nom. Changer d’histoire.  Changer de visage. J’ai détesté ma vie, je veux en essayer une autres. »






Analyse & opinion :


Encore une fois, Lolita Pille publie un contemporain avec des critiques pour le moins mitigées. Deux ans après l’écriture de Hell, son plus grand succès, l’auteure à l’écriture dénonciatrice et vulgaire (appelons un chat, un chat !) a donc rédigée son second roman, qui pour ma part ne m’a pas embarquée autant que le premier, une note de quinze pour Bubble Gum.





Auteure & Plume :


Ce n’est pas un simple contemporain, Lolita nous entraîne à nouveau dans un univers où l’argent rend tout possible, et ça nous paraît tout juste fou. C’est un roman psychologique, même si beaucoup de lecteurs pense qu’il est superficiel, c’est loin d’être le cas.

Lolita Pille à cette écriture lucide et audacieuse, en effet, elle ne prend pas de gants et ose la vulgarité, ne cherche rien à cacher ou enjoliver : Ce qu’elle souhaite c’est dénoncer. Elle a une écriture jeune, c’est certain et ce qu’on peut surtout lui reprocher, ce sont ses phrases à rallonges. Préparez votre Ventoline pour finir ce contemporain, avant de manquer de souffle !

De plus, celle-ci nous impose de belles longueurs… Et j’avoue avoir sautée quelques paragraphes avant de finir dingue et dépressif.


Mais son style de narration à lui, changé : Dans ce livre elle nous offre une double narration, tellement plus intéressante ! Surtout qu’elle a un véritable intérêt lorsque la lecture est proche de la fin.  Par contre, faites attention à ne pas confondre George avec Derek (oui c’est ce que j’ai fais pendant quelques chapitres… Sans commentaires ! Mdr).

Lolitta Pille met également beaucoup d’humour, à qui aime l’humour spéciale, proche du noir. Et je vous assure, s’il on lit cette œuvre au millième degré, il est absolument tordant.








Histoire & Thèmes :


On n’est pas dépaysé de son premier roman, on y retrouve les mêmes thèmes principaux : Drogue, sexe, argent, dépression, ambiance familial inexistante, mal de vivre… Petite distinction : Dans Bubble Gum, on est beaucoup plus tournée dans le côté people, dans la recherche de la gloire. C’est d’ailleurs de là que provient le coté superficiel, une espèce de trompe l’œil… Sans oublier la romance, omniprésente presque dans Hell, ici, on l’effleure à peine avec le personnage de Derek.

L’auteure nous parle également du milieu du mannequina, l’envers du décor qu’on n’imagine pas. Bien qu’elle n’en parle pas énormément, le peu qu’elle peut dénoncer ouvre les yeux aux lecteurs.

On rentre tout de suite dans l’ambiance, dès le premier chapitre on tombe sur un véritable coup de gueule. Un « ras le bol » général, une pleine lassitude de la part de Manon, notre personnage principal féminin.

Ce que j’ai trouvée dommage dans Bubble Gum, c’est que dans la quatrième de couverture et au début du livre, l’auteure fait référence au conte Cendrillon, la ressemblance est d’ailleurs assez visible. Puis, plus rien. On en reparle plus, pas même à la fin. C’est comme si Lolita n’avait pas été au bout de son idée.



« Il n’y a rien de pire que ce moment où on cesse d’avoir envie de grandir pour commencer à redouter de vieillir. »







Personnages :


L’auteure est très forte pour décrire des personnages écorchés vifs, des personnages bourrés de frics, qui n’ont absolument plus rien à perdre et en plein mal de vivre, pour ainsi dire : complètement détruits.  Au point que je m’interroge sur l’état de l’auteure…

Je ne vais pas trop m’étendre sur les personnages principaux car je risque de vous spoiler, seulement ils changent tous les deux beaucoup mais, (et c’est assez rare) ça se fait naturellement et dans une certaine logique. Lolita ne perd de cette manière pas ses lecteurs : puisqu’on s’attend à ce que les personnalités évoluent de cette façon.





Trame & intrigue :


Le retournement de situation est important dans ce roman, on s’y attend, Lolita nous laisse des indices pourtant, le lecteur ne peut jamais être certain de ce que pourrait être la fin. [Spoil] C’est ce qui est intéressant, c’est que les personnages ont changés (naturellement) Derek est bouleversé, n’est plus sûr, bordel il en est tombé amoureux et souffre que ce ne soit pas « réciproque ». Manon est devenue ingrate, méprisante, elle a perdu son innocence et il se sent presque désolé pour ça. Donc on voit l’énorme catastrophe arriver mais, on a du mal à être du côté de la victime : Manon. Elle l’a bien cherché après tout ? Comme je l’ai dis, le roman devient intéressant à ce moment si car, c’est malsain et psychologique : Malsain pour les lecteurs de ne pas être compatissants et psychologique puisque que l’autre taré lui retourne le cerveau... [Fin Spoil]






The End. :


Je n’ai pas aimée la fin, j’aurais préféré que Lolita Pille s’arrête au chapitre « Et la musique se tait ». Certes, c’était une fin théâtrale, tout droit sorti d’un film à l’affiche mais, la véritable fin, je n’ai pas accroché… Pourquoi ? C’est bien simple, j’avais l’impression que l’auteure se moquait totalement de ses lecteurs, c’était trop gros à avaler.

Néanmoins, la dernière phrase, vraiment, la toute, toute dernière phrase m’a fait accepter cette fin : « J’allume une clope, aspire une bouffée, puis une autre, avidement, jusqu’au filtre, et je ne ressens strictement rien, rien qu’un dégoût dégueulasse. » Phrase provenant du dernier chapitre (Une étoile est née). Elle nous renvoi pourtant au tout premier chapitre du livre : Manon parle de son rêve de gloire, et de ce qu’elle ferait le jour où un magasine parlerait de sa carrière d’actrice, le jour où sous sa photographie, il y aurait la légende suivante « Une étoile est née ». Elle dit cela dans le premier chapitre (terminus) : « J’aurais un sourire, et avant de téléphoner au journaliste pour le remercier, je repousserais le plateau, et prendrais une cigarette. Je l’allumerais et jamais je n’aurais ressenti un plaisir pareil en allumant une clope. »
Vous trouvez encore que le livre et l’auteure est superficiel ? Moi je vois plutôt une auteure qui fou une vraie claque aux lecteurs qui lisent vraiment son œuvre, tout le monde ne peut pas accrocher, je suis loin de jeter la pierre. Mais à un moment, il faut se rendre compte que derrière tout ça, c’est une leçon de vie qu’avance Lolita : Ça ne sert à rien de chercher la gloire à tout prix, on n’est pas plus heureux avec « du fric et de la popularité »

Une dernière chose, j’aurais vraiment apprécié de voir Bubble Gum adapté au cinéma, j’ai la certitude que l’histoire aurait eu matière à être filmé, malheureusement peut de lecteurs connaissent/ lisent ce roman comparé à Hell, le premier livre de l’auteure.




« Je me demande quand tout cela va cesser, et les années qu’il me restent son sans doute- sans doute, parce qu’on ne sait jamais – moins nombreuses que les touches de ce piano. Et je pourrais presque m’en réjouir. »






Ses points faibles :
        

-Les phrases à rallonges.
-Les longueurs.
-Pas d’adaptation
-La fin (la vraie)
-Les fautes d’orthographes oubliés
-On ne reparle ni du père de Manon ni de Terminus.






Ses points forts :

-Le style de narration.
-La psychologie introduite dans ce roman, l’aire de rien.
-La plume jeune et oser de l’auteure, malgré ses petits défauts.
-Lolita sait de quoi elle parle, elle connaît ses sujets (le monde Bling Bling, le mal être, la descente au enfer…)






Cible :


Hahaha, la question est délicate. Avant tous, je ne le conseil pas aux lecteurs âgés de moins de 15 ans (alcool, sexe, drogue, vulgarité et j’en passe).

Voilà, ensuite, ceux qui aime la psychologie, avoir le cerveau retourné dans tous les sens : Allez-y ! Mais attention, n’ayez pas peur d’une écriture jeune et qui peut paraître parfois maladroite. Si vous pensez pouvoir fermer les yeux sur les longueurs et les phrases si longues qu’on y perd son souffle, alors je vous le conseille vraiment.



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