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mardi 16 juin 2020

Les gratitudes





Auteure : Delphine de Vigan
Genre : Contemporain
1 ère parution : 2019
Nombres de pages : 173 pages (édition JC Lattès)






Je résume :

Micka à peur. Elle est même complétement terrorisée, la voici à la fin de sa vie et elle perd tout, c’est de pire en pire ! À commencer par les mots. Les mots, si essentiel à la vie. Elle décide donc de ne plus rester seule et intègre une maison de retraite.  Soutenue par Marie, une jeune femme qui s’occupe d’elle, elle va travailler sur sa soudaine perte de parole grâce à un professionnel. Jérôme, orthophoniste, va très vite s’attacher à sa patiente tout aussi têtue que chaleureuse.



« Elle m’attend dans le fauteuil. Elle ne fait rien en m’attendant. Elle ne fait pas semblant de lire, de tricoter ou d’être occupée.
Ici, attendre est une occupation à part entière. »





Analyse & opinion :

Que dire, que dire… Gros coup de cœur et une note de dix-huit, voilà c’est dit. Un texte authentique, touchant et une autrice qui se révèle d’œuvre en œuvre, le combo gagnant.




Auteure & Plume :

Surement une des meilleurs œuvres de Delphine de Vigan. C’est une autrice qui fait partie de ces personnes dont on boit les mots. Sa plume est fluide, chaleureuse mais également engagée. Ses mots et leurs sens restent en tête, pour longtemps.

On reste sur un livre à plusieurs voix (comme Les loyautés), ce qui permet une lecture plus dynamique, sans compter que les chapitres sont courts : tout est fait pour que le livre soit dévoré.








Histoire & Thèmes :

Les gratitudes est une histoire à la fois légère et touchante, qui fait autant rire que pleurer.
L’autrice est une spécialiste pour mettre sur le tapis des thèmes profondément humains, l’aire de rien.
C’est ainsi qu’elle aborde l’importance des mots et de chaque parole. Et du vide qu’engendre leurs pertes. Les lecteurs peuvent donc, à travers ce livre, s’imaginer à la place de Michka, se retrouver en difficulté pour se faire comprendre et le handicap que ce peut-être dans la vie de tous les jours.

L’autre thème important est la mort. On suit une vieille dame qui se voit basculer vers la fin de sa vie, impuissante elle veut régler certains détails avant de partir, enfin apaisée. Elle se donne donc pour mission de faire comprendre à son entourage l’importance d’avoir une vie sans regret.

Dernier point et pas des moindres : la bienveillance. Cette qualité qui s’est perdue dans une société qui n’a plus le temps, plus envie de rien et surtout, beaucoup trop égoïste pour réaliser que le monde les entoure. Quel bonheur de la voir mise sur un piédestal grâce à cette œuvre, autant d’humilité et d’humanité dans ces pages : c’est très clairement ce qui (va) vous a réchauffé le cœur.





« Vous êtes-vous demandé combien de fois dans votre vie vous aviez réellement dit merci ? Un vrai merci. L’expression de votre gratitude de votre reconnaissance, de votre dette. »




Personnages :

Dans ce contemporain, on suit trois personnes bien différentes les unes des autres et qui au premier abord n’ont « rien à faire ensembles ».

D’abord il y a Micka une vieille dame attachante, qui voit sa vie chambouler et littéralement lui échapper. Elle perd peu à peu l’usage de la parole, confond et oubli certain mot. Une chose qui lui fait terriblement peur, plus encore que de vieillir.

Mais elle n’est pas seule, il y a Jérôme, un orthophoniste de profession qui est l’a pour la soutenir et l’aider à ralentir le processus de perte de parole. Ainsi que Marie, une jeune femme qui entretien un lien solide et très précieux avec Michka depuis qu’elle est petite fille.





 The End. :

Une fin qui fait pleurer et sourire en même temps. De Vigan laisse ses lecteurs sur une fin ouverte, ce qui convient parfaitement à cet œuvre.


« On croit toujours qu’on à le temps de dire les choses, et puis soudain c’est trop tard. »




Ses points faibles :

-Évidemment, on en veut toujours plus…



Ses points forts :

-Une écriture qui fait oublier le temps qui passe (alors que l’histoire elle nous le rappelle !)
-Se lit très vite
-Des personnages attachants
-Une œuvre touchante, qui nous rappel la beauté et le pouvoir des mots.
-Beaucoup de valeurs dans ce texte
-Une couverture magnifique




Œuvre similaire : Ensemble c’est tout d’Anna Gavalda


Cible :

Un livre qui peut s’adresser à un large public, et qui soit dit en passant peu faire office de cadeau : fête des mères, anniversaires, invitation à un dîner (quoi ? la couverture peut faire office de bouquet, non ?). Alors n’hésitez pas, faite voyager cette œuvre, aussi sincère qu’apaisante, c’est le genre de texte qui ressoude une humanité et qui deviendra un classique français, d’ici un siècle.


 Image de titanic, memories, and love



mardi 17 mars 2020

Ciao Bella

 


Auteure : Serena Giuiliano
Genre : Autofiction/ Contemporain
1 ère parution : 2019
Nombres de pages : 272 (édition Pocket)






Je résume :

Anna à peur, de tout et tout le temps. Mais pire que ça, Anna vie très mal sa deuxième grosses, elle décide donc de se faire accompagner psychologiquement par une professionnelle. Séances après séances, elles réussissent toutes les deux à mettre des noms et des mots sur les peurs qui l’assaille.

À quel point l’enfance écrit-elle la vie d’adulte ?



« J’essaie de me souvenir de l’insouciance, qu’elle goût a-t-elle ? »




Analyse & opinion :

Un petit coup de cœur pour cette belle lecture qui a sût m’amuser, mais également me toucher : une note de dix-sept.






Auteure & Plume :

Une autrice qui a une plume très particulière et bien à elle :  Beaucoup d’humour qui cache pourtant de la tristesse, de la peur et des crisses d’angoisses. Serena à le courage de partager un bout de sa vie avec nous, lecteurs, grâce à ce roman qui n’est nul autre qu’une autofiction.

L’histoire avance sous forme de rendez-vous chez la psy, mêler à des flash back. Grâce aux petits chapitres de trois ou quatre pages, on avance vite, l’histoire se dévore.






Histoire & Thèmes :

Serena aborde une multitude de sujets, de problèmes auxquels elle s’est heurter mais également de joie qu’elle a pu connaitre.

On passe de la violence conjugale, au racisme, de l’exile à la maternité compliqué… Mais aussi aux belles rencontres, aux conseils de grand-mère, aux réussites et aux changements.

Ciao Bella est une vie conté sans fioriture, l’humour pour seul arme et beaucoup de travail sur soi-même pour aller mieux.




« J’ai pas envie d’écrire un roman. Ils ne se rendent pas compte, eux, qu’écrire, que poser des mots, ça pèse lourd. Qu’écrire, c’est graver, c’est faire exister, c’est ne plus jamais pouvoir ignorer. »






Personnages :

Serena se cache derrière Anna, son personnage principal, une femme attachante mais qu’on à quand même envie de secouer ! Elle cache derrière sa perpétuelle ironie des blessures qu’elle transporte depuis l’enfance, seulement à présent elle est prête à s’en débarrasser ! C’est là qu’intervient le deuxième personnage « important », qui reste pourtant dans l’ombre. La psychanalyste Elisabeth, à la fois rassurante, donneuse de réplique et à la fois amie discrète.

En somme, ce sont des « personnages » (car ce livre reste une autofiction, ne l’oublions pas), attachant, et on sent l’auteurs attachée à chaque personnage et chaque personne réelle qui se cacher derrière ses noms.  





« La vie sans filtre est plus difficile à assumer. »







 The End. :

La fin de Ciao Bella est de celle qui donne le sourire bienveillant aux lèvres et qui, en même temps, sert le cœur de quitter cette petite bulle d’amour…
C’est en tout cas un premier titre qui donne envie de suivre cette autrice remplie de promesses !






Ses points faibles :

-Des anecdotes que j’ai trouvé un peu du « déjà vu », présentes un peu partout sur le net
-Anna donne furieusement envie de lui sortir les doigts du c*l :)



Ses points forts :

-Une plume unique, qui a le goût de soleil, d’amour et d’Italie.
-Une autofiction amusante mais également touchante
-Un titre qui aborde multitudes de sujets sans tabou 
-Une lecture rapide grâce aux chapitres courts
-La couverture ! : Magnifique et très parlante






Cible :

Ciao Bella est une autofiction légère, qui se lit (dévore) rapidement. Et qui surtout, donne envie de voyager ! Et d’assumer qui ont ai, nos goûts, notre personnalité mais aussi nos peurs.
J’ai clairement tout donné, si avec ça vous n’avez pas envie de foncer le lire, c’est seulement parce que vous n’aimez pas l’Italie n’est-ce pas ?!


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lundi 11 novembre 2019

La vraie vie






Auteure : Adeline Dieudonné
Genre : Contemporain (Drame/ Suspense)
1 ère parution (FR) : 2018
Nombres de pages : 270







Je résume :

Une petite fille d’une dizaine d’années est forcée de quitter l’enfance brutalement et beaucoup trop tôt à cause d’une ambiance familiale pesante et d’un traumatisme qui a bouleversé le cour de sa vie. Elle se donne alors une mission, qui lui permet de survivre coûte que coûte : sauver le sourire de son petit frère.




« Les têtards, vous savez, il y a des gens qu’il ne faut pas approcher. Vous apprendrez ça. Il y a des gens qui vont vous assombrir le ciel, qui vont vous voler la joie, qui vont s’asseoir sur vos épaules pour vous empêcher de voler. Ceux-là, vous les laissez loin de vous. »





Analyse & opinion :

Un livre que j’avais envie de découvrir mais sans plus, et peut-être est-ce parce que je n’avais aucune attente que celui-ci m’a mis une grosse claque. Cette histoire m’a retournée autant physiquement (bonjour les haut-le-cœur !) que mentalement. Ce livre n’a pas juste été une claque monumentale mais aussi et surtout un gros coup de cœur, une note de dix-huit pour moi !




Auteure & Plume :

Adeline Dieudonné est une autrice à la plume sans détour, sombre et psychologique. Mais aussi poétique, qui s’adapte à ses personnages. C’est marrant, en lisant sont livre j’avais cette impression d’avoir une co-écriture de Mathias Malzieu et de Stephen King, improbable n’est-ce pas ? Et pourtant… La plume poétique et le point de vue enfantin m’a vraiment donner l’impression d’être transporté dans une œuvre de M.Malzieu, mais la psychologie et la tension apporter à son histoire m’a fait penser au King.

En lisant la quatrième de couverture, les lecteurs sont souvent à des années lumières d’imaginer ce qu’il se cache derrière. Et c’est une véritable force pour cet ouvrage. C’est le genre d’histoire dans laquelle il faut se jeter sans rien connaître afin d’être touché, remué au maximum par sa lecture.  



« C’était le mois de juillet et pourtant les nuits me semblaient plus noires, plus froides qu’en hiver. »





Histoire & Thèmes :

Une histoire sombre et dramatique, où la survie d’abord psychologique puis totale est mise en avant. L’autrice aborde des thèmes qui me tiennent à cœur :

D’abord la différence des genres, notamment grâce au père de la protagoniste qui est un matcho de première. Je vous dresse vite fait le tableau, vous allez vite comprendre : alcoolique et violent, son passe-temps favori est la chasse (et c’est encore mieux lorsqu’il rapporte des trophées). Pour lui, les femmes ne sont rien d’autre que des « ménagères », des proies, des objets consommables. 

Il en va de soit que le second thème est celui des violences gratuites et domestiques. Face à cette violence deux attitudes : l’ effacée, qui essuie coups après coups, insultes après insultes sans le moindre espoir que cet enfer ne cesse. Et la voie de la vengeance silencieuse, tout n’est que jeu d’acteur : il ne faut pas avoir l’air trop vivant face à ce genre de démon.

L’autrice aborde également le féminisme, cette volonté de vouloir changer et rétablir les choses face à des mentalités « traditionnelles » pour ne pas dire totalement vieux jeu et dépassés. Le personnage principal va devoir se faire violence pour garder ses convictions bien cachées, pour ne pas se faire démasquer. Une petite fille peu banale qui va prendre pour modèle de grand nom comme Marie-Curie et qui va nourrir un désir d’apprentissage, notamment des sciences, qui va rapidement devenir sa bouée de sauvetage.  






Trame & intrigue :

Le mot d’ordre de l’auteure : pas de repris ! Personnellement, j’ai tout de suite été happée par cette histoire. L’épisode qui va bouleverser la vie de notre personnage principal est vraiment sorti de nulle part et complétement what the fuck, à tel point que je me suis dit que l’autrice nous faisait une blague (si si je vous assure).

Suspense et tension son au rendez-vous, tout en gardant un rythme d’action plutôt élevé, ce qui est rare et très appréciable ! La vraie vie à des airs de Shining, l’œuvre mythique de Stephen king, à bien des aspects. Comme j’ai pu le dire plus haut, grâce à la psychologie mais aussi à la personnalité des personnages adultes qui vont évoluer dans la même optique.








Personnages :

Le personnage central est une petite fille, que l’on va voir grandir, années après années et découvrir été après été. J’ai rarement aimé autant un personnage, honnêtement j’ai suffoqué avec elle, la tension et la peur qu’elle à pu ressentir, je l’ai partagé avec elle. Cette fille est une véritable héroïne, digne de jouer dans le prochain Marvel ! Ses rêves d’espérés de petite fille m’on fendu le cœur à de nombreuse reprise, mais les difficultés qu’elle a rencontrées adolescente m’a indigné bien plus encore.
L’auteure à beaucoup jouée sur la psychologie de son personnage féminin principal, autant les autres personnages sont plutôt dans la catégorie du « déjà vu », autant la protagoniste à se truc qui pousse les lecteurs à la compassion.

Le reste des personnages (en somme, la famille et les voisins) restent très mystérieux. Même lorsque le lecteur pense avoir cerné tel ou tel personnage, l’autrice s’amuse à prouver le contraire.  




« J’avais réussi à me construire un paysage intérieur solide et fertile. Il n’avait rien vu, j’avais déployé des trésors d’ingéniosité pour lui dissimuler ça derrière un décor sec et gris. Il ne savait pas qui j’étais. Maintenant, il savait, le décor était tombé, il voyait tout. Et il allait le saccager. »






  

 The End. :

Adeline Dieudonné plonge le lecteur en tension jusqu’à la fin (pour ne pas dire encore plus lors des pages finales). Même si chaque lecteur à ses prévisions, l’auteure est tellement imprévisible que l’on ne peut être certain de rien : et puis ça y est, la fin nous tombe dessus et on se rend compte qu’on n’a pas lâché le livre de l’après-midi.





Ses points faibles :

-Se livre m’a tellement énervé pour ces injustices gratuites que j’ai eu vraiment du mal à m’en remettre ! (ce qui d’ailleurs, n’est pas vraiment une mauvaise chose mais fallait bien remplir cette case… ;))
-Quelques répétions, mais rien de méchants.



Ses points forts :

-L’écriture de l’autrice
-La protagoniste, une véritable guerrière qui a conquis mon cœur.
-Un livre qui se lit d’une traite et qui ne laisse aucun lecteur indemne
-Les thèmes abordés 





Cible :

Un roman qu’il faut avoir lu au moins une fois dans sa vie. Je ne le conseil pas forcément aux lecteurs sensibles car c’est un récit assez sombre et qui de toute manière a pour but de bouleverser ses lecteurs.


Œuvre similaire : Shining


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mercredi 18 septembre 2019

J'abandonne




Auteur : Philippe Claudel
Genre : Contemporain (deuil/ burn out)
1 ère parution : 2002
Nombres de pages : 120 (édition Stock)






Je résume :

Un père d’une trentaine d’année raconte à sa fille âgée d’à peine vingt-et-un mois sa lassitude de vivre. Au court de ce texte, il décrit toutes les choses qui lui déplait dans la société (française) et donc toutes les inhumanités qu’il à pu rencontrer.





« Je me suis dit que je m’apprêtais à te laisser un monde de cendre. Nous ne savons plus où ranger les guerres. Nous manquons de tiroirs. Notre mémoire est une fosse où s’entassent bien trop de cadavre. Elle déborde de corps sans vie. »





Analyse & opinion :

Un petit roman tout court et bien écrit qui a su me divertir et remporte donc la note de seize.




Auteur & Plume :

C’est la première fois que je tombe sur la plume de l’auteur français Philippe Claudel dont la réputation n’est plus à faire. Son écriture m’a tout de suite embarquée et touchée. Il a mis les mots sur certaines de mes pensées, notamment celle de mettre au monde un enfant dans cette société morbide, chose que je me refuse.  

C’est une plume foncièrement dénonciatrice qui ne s’occupe pas des pots cassés : tout le monde y prend pour son grade. Certaines célébrités françaises sont ainsi misent sur la sellette et ce n’est pas moi qui vais les défendre. Bien évidemment, ce cri du cœur peut gêner quelques lecteurs, voir même le trouver déplacer. Il faut donc avoir un certain bagage et je pense avoir vécu ce style de « burn out » général pour apprécier ce texte.





Histoire & Thèmes :

C’est l’histoire d’un papa solitaire qui ne supporte plus sa vie, qui ne supporte plus de voir toute cette violence et la laideur de la société dans laquelle il survit. Il a honte de présenter ce monde à son bébé, et regrette même d’avoir donné naissance à un enfant dans des conditions pareilles. Même si l’histoire n’a pas l’air très ragoutante comme ça, la plume de Claudel atténue nos appréhensions de lecteurs.


L’auteur aborde la dépression, la solitude, le mal de vivre. Même si on peut penser que le texte va donc être très sombre, ce n’est pas le cas. La présence de l’enfant la dissipe de la même manière qu’il le fait pour son père, le narrateur.

Le thème principal est la société actuelle, notamment en France, qui est remise en question. L’auteur pointe du doigt la façon de penser et le comportement de certain, qui n’est pas juste et qui n’a pas de valeur. C’est un cri à l’humanité, qui se perd de plus en plus, il montre à quel point les gens son seul, qui que nous soyons.

Dans ce roman, on parle également d’hôpital et plus exactement du don d’organe. Un sujet sensible qui n’est pas pour le moins très, très important. Malheureusement, ce n’est pas un sujet qui a été très développé. Je pense que Claudel aurait dû d’avantage travailler cet aspect la du texte, car le don d’organe est rarement abordé, autant en littérature qu’en temps normal dans les conversations.






Trame & intrigue :

Un roman qui se lit très vite, en moins de deux heures il est terminé. De plus, l’auteur joue avec des flash-backs et le contexte temporel présent et passé. De cette manière, le lecteur se laisse transporter, sans voir les pages passer.
Toutefois ce n’est pas un récit d’action (même s’il en a, bien évidemment), l’auteur est plus centré dans la description, à partager son « coup de gueule ».


« L’annonce de la mort nous fait revenir nous-même, simplement. Elle gomme la patine d’artifice dont nous nous couvrons et qui nous sert à avancer masqués. La mort de ceux que nous aimons nous dénude. »







Personnages :

Le narrateur ne porte pas de nom, le lecteur à seulement le droit de connaitre son âge : 30 ans. De cette manière, il est plus facile pour nous, lecteurs, de se mettre à la place du personnage principal. Le narrateur est en plein « pétage de plomb » comme pourrait le dire son collègue de travail, voir même en pleine dépression suite à un deuil. Il est à deux doigt de commettre l’irréparable, seul son rayon de soleil, sa fille, le retient parmi les vivants.

Sa fille est le personnage qui ramène un peu de légèreté dans ce texte pesant et lourd mais juste. Encore une fois, pas de nom, aucun personnage ne détient d’identité de toute manière : immersion la plus total. Simplement des surnoms, des descriptifs afin que les lecteurs fassent des parallèles avec leur propre réalité.

Les personnages secondaires sont souvent très néfastes pour ne pas dire toxiques, ce qui rajoute encore un peu de difficulté pour le narrateur dans sa vie de tous les jours.
Bien sûr, on part dans de bons gros clichés avec l’adolescente toujours en bringue et jamais très sobres, qui parle en verlan et ne fait rien de concret de sa vie. On à le beauf qui ne pense qu’au plaisir du sexe, l’humour bien gras et les détails bien glauques des enquêtes criminelles. Ou encore le supporter de foot raciste sur les bords...Bref, pour l’originalité on repassera, mais à travers ces personnages secondaires, Claudel souhaite dénoncer le comportement de certain français (même si clairement ça s’adresse à l’humanité entière) juste insupportable. Même s’il faut retenir que ce n’est pas une généralité, forte heureusement !







 The End. :

La fin est ce qui m’a le plus rebuté. Le rationalisme et le calme a clairement quitté notre personnage principal, le lecteur ce doute de comment ça va finir. Néanmoins, je n’ai absolument pas saisis la fin du roman. Je ne sais pas ce qu’il c’est passé, peut-être suis-je la seule à être dans un flou total, peut-être était-ce souhaité par l’auteur. Je ne sais pas. Et honnêtement, cette œuvre ne se serait pas terminée de cette manière, J’abandonne aurait été un coup de cœur.






Ses points faibles :

-La fin : incompréhensible
-Le sujet du don d’organe, pas assez développé


Ses points forts :

-La plume de Philippe Claudel
-Il ose dénoncer la société française sans se soucier des retombés
-Un texte plein de vérités inavouables
-Les deux personnages principaux (le narrateur et son enfant) qui sont très intéressants





Cible :

Destiné à un public assez ciblé, qui aime les plumes justes et qui dénonces. Aux lecteurs et lectrices qui ne vivent pas eux même un burn out, sinon bonjour les dégâts ! Et surtout, pour les personnes qui ont un certain bagage, qui ont déjà connu la dépression, le deuil ect, c’est plus simple de s’imprégner de l’œuvre.


Image de black and white, jump, and water




mardi 17 septembre 2019

Le silence de Mélodie





Auteure : Sharon M. Draper
Genre : Drame/ Contemporain (maladie/enfance)
1 ère parution (FR) : 2015
Nombres de pages : 285 (édition France Loisir)





Je résume :

Mélodie est une enfant atteinte de paralysie, elle ne peut donc ni se déplacer, ni manger seul ni même parler. Pourtant elle à des tas de choses à dire, et souhaite révéler son intelligence à tous ceux qui la méprise et la catégorise atteinte de déficience mentale alors qu’il n’en est rien.
Dans la bulle de Mélodie, les sons ont des couleurs et les informations sont des photos qu’elle garde précieusement avec l’aide de sa mémoire photographique. Tous cela, elle souhaite le partager et endosse un combat de toute une vie : celui de se faire comprendre et de communiquer avec le monde qui l’entoure.


« Tout le monde utilise des mots pour s’exprimer. Sauf moi. Et je parie que la plupart des gens n’ont pas conscience de leur véritable pouvoir. Moi si. »





Analyse & opinion :

Une œuvre touchante, qui fait évidement réfléchir sur la société mais aussi sur nous-même, pas en tant que lecteur mais en tant que personne. Une note de seize pour ce roman qui ne laissera personne indifférent.




Auteure & Plume :

Une auteure qui s’y connaît en enfant puisqu’elle est institutrice et cela se ressent. Elle n’hésite d’ailleurs pas à montrer certains comportements injustes où simplement inadaptés que peuvent avoir parfois des professeurs.

Une écriture très dramatique, bien qu’accompagnée d’un peu d’humour afin de ne pas alourdir le roman. Toutefois, j’ai lu Wonder (une œuvre dans la même veine) juste avant et je dois bien avouer que Le silence de Mélodie est un peu en dessous, car il n’y a pas ce trait d’humour et ses références qui apportent la légèreté dont on aurait eu besoin.

Un détail qui me chiffonne est la classification de ce livre. Il semble être ranger en jeunesse pourtant je ne trouve pas que ce soit un livre dédié aux enfants/ adolescents. C’est évidement très bien de leurs donner à lire ce type d’œuvre histoire qu’ils prennent un peu de recule sur le comportement de certain camarade et sur les conséquences de la « différence ». Cependant, je ne suis pas sûr que ce soit le genre d’œuvre qui intéresse beaucoup de jeunes lecteurs. Comme je l’ai signalé plus haut, Sharon à une écriture dramatique et ce n’est pas forcément adapté pour les enfants… Personnellement c’est plus une œuvre que je rangerais en contemporain et que je proposerais à un public bien ciblé, qui à assez de recule pour bien assimiler cette œuvre.










Histoire & Thèmes :

En lissant la quatrième de couverture, je ne m’attendais pas à une histoire dans ce genre. Je pensais lire l’histoire d’une petite fille qui avait elle-même décidé de ne pas parler, pas à une petite fille contrainte au silence. Le résumé des éditeurs est donc assez trompeur.

Le thème principal du livre est le handicap de Mélodie, comme le dit Mme V (la voisine) c’est « la petite Stephen Hawking de Spaulding Street ». Effectivement, elle se trouve dans le même état que ce dernier. Son corps est paralysé, elle ne peut se maintenir debout (ou assise), ne parvient ni à marcher ni à parler, elle est entièrement dépendante de ses parents et des assistants médicales. Pourtant, son intelligence dépasse largement celui des enfants de son âge. Alors même que la plupart des gens qu’elle croise la considère incapable de ne serait-ce aligner des pensées cohérentes. Sharon M. Draper aborde aussi brièvement d’autres maladies grâce à ses camarades de la classe H-5.

Le thème qui suit est forcément la différence, l’acceptation de soi et les difficultés de supporter le regard des gens. Mélodie à honte d’elle-même, pour des choses qu’elle n’est pas capable de gérer et semble très rude envers elle-même. Cette petite fille cherche à tout pris la normalité et à passer inaperçue. Ce qui fait réellement écho avec le roman Wonder.

Dans cette œuvre, l’auteure aborde également l’enseignement, la société face au handicap (notamment les espaces publiques qui sont très peu adaptés). Tous ces thèmes dans une ambiance pourtant chaleureuse et familiale quoi qu’un peu préoccupé au quotidien. Le silence de Mélodie tourne également beaucoup autour de l’amitié, montrant que ce n’est pas toujours facile de créer des liens à cause des préjugés auquel notre société fait face.







Trame & intrigue :

Ce roman se divise en deux parties : c’est en quelques sorte le « avant/après » le moment où Mélodie trouve un moyen pour communiquer. Avant l’événement, l’histoire reste assez plate car l’auteur est dans la description. Elle cherche à sensibiliser ses lecteurs. La deuxième moitié du livre ressence lui plus d’action. Mélodie se lance dans son désir de prouver qu’elle n’est pas une « demeuré » comme certains peuvent le dire, mais une enfant qui a une mémoire et des capacités intellectuelles impressionnantes.

Le roman est donc équilibré, et la première partie plus calme ne paraît pas pour autant ennuyante puisque le lecteur assimile des connaissances et découvre un monde qu’il ne vit pas. On apprend énormément de chose tant sur le handicap qu’en culture générale, de quoi se mettre soit même à l’épreuve !







Personnages :

Mélodie est une enfant qui nous raconte sa vie à travers différentes périodes clés. Le lecteur doit donc faire face à une multitude d’injustice que doit supporter le personnage et ce, dès son plus jeune âge, par des médecins, des instituteurs (des adultes donc) ou par des camarades. Pourtant elle est foncièrement combative et malgré les coups dures, elle va vouloir montrer qui elle est vraiment afin de ne pas rester catalogué dans « la petite fille en fauteuil roulant ». La jeune fille raconte donc son combat pour communiqué et surtout se faire comprendre, ce qui n’est pas chose aisé avec son handicap. Elle doit donc faire preuve de beaucoup de courage et de patience, même si en face d’elle ses interlocuteurs ne se donne pas toujours cette peine…


« La musique, c’est comme entendre le son des couleurs et sentir le parfum des images. La bande-son de ma vie est faire de couleurs, de parfums et d’images. »






 The End. :

La fin est très dramatique, les derniers chapitres ne sont clairement pas des plus joyeux. On regoûte à l’injustice de la première partie du roman, qu’on pensait pourtant ne pas revoir de sitôt.
Et je pense que l’auteur à choisit sa fin de manière réaliste, sans enjoliver le quotidien des personnes qui vivent ce genre d’injustice au quotidien.






Ses points faibles :

-Une écriture très dramatique qui manque d’une dose plus importante d’humour



Ses points forts :

-Les thèmes abordés et les messages transmis par l’auteure
-Le texte réaliste, sans fioritures ni besoin d’enjoliver.
-Un beau travail des éditeurs sur la couverture




Cible :
Un livre que je conseil aux lecteurs et lectrices qui souhaite être bouleversé, qui n’on pas peur des livres dramatiques. Pour ceux et celle qui ont envie de se mettre dans la tête des personne souffrant d’handicape car c’est une sorte de témoignage romancé.

Œuvre similaire ; Wonder
Image de art, birds, and grunge





Wranglestone

    Auteur  : Darren Charlton Genre  : Young-Adult (romance LGBT/ dystopie) 1 ère parution (FR) : 2022 Nombres de pages  : 331     ...